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Lectures dauphinoises

 

Les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne

Par François  Roubaud et Philippe de Vreyer (éd. IRD / Institut de Recherche pour le Développement)

Les marchés du travail en Afrique restent à ce jour largement inexplorés et leur fonctionnement méconnu. Leur connaissance est pourtant centrale dans les politiques de développement et de lutte contre la pauvreté.
Quelles sont les personnes qui n’ont pas accès à l’emploi ou sont sous-employées ? Comment le secteur formel cohabite-t-il avec le secteur informel ? Existe-t-il des traits communs à l’ensemble des marchés urbains du travail en Afrique, ou bien chaque pays est-il un cas particulier ? Quels liens entretiennent-ils avec la migration, l’éducation et les discriminations ethniques ou de genre ?
Telles sont quelques-unes des questions traitées ici, à travers l'analyse d’une série unique d’enquêtes réalisées dans une dizaine de pays africains. Cet ouvrage collectif fournit le premier bilan actualisé du marché du travail en Afrique subsaharienne. Un outil précieux en matière de lutte contre la pauvreté.
François Roubaud, économiste et statisticien, est directeur de recherche à l'IRD et ex-directeur de Dial, unité mixte de recherche IRD-Université Paris-Dauphine du LEDa. Ses travaux portent sur le marché du travail, l'économie informelle, la gouvernance et l'évaluation des politiques.
Philippe de Vreyer, professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine et directeur adjoint de Dial, unité mixte de recherche IRD-Université Paris-Dauphine du LEDa, est spécialiste de l'analyse du comportement des ménages. Ses travaux récents sont consacrés à la pauvreté et aux migrations dans le contexte de la mondialisation.

 

À l'école des dyslexiques - Naturaliser ou combattre l'échec scolaire ?

Par Sandrine Garcia, maître de conférences en sociologie à l’Université Paris-Dauphine, chercheur à l'IRISSO (Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales), Unité Mixte de Recherche CNRS-Dauphine (éd. La Découverte)

Existe-t-il une différence de nature entre un mauvais lecteur et un enfant dyslexique ? Les méthodes ont-elles une responsabilité dans les troubles des apprentissages ?
Certains incriminent ainsi la « méthode globale », tandis que d'autres imputent les difficultés de ces enfants à leur milieu social. Les pouvoirs publics ont, de leur côté, tranché en faveur d'une approche médicalisante avec la loi de 2005.
Sous couvert de « reconnaître » le handicap que constituent les troubles des apprentissages, ils ont en fait éludé la question pédagogique. Pourtant, il est aujourd'hui impossible d'affirmer que les problèmes de lecture d'élèves rapidement classés comme « dyslexiques » relèvent de dysfonctionnements cognitifs.
Il semble au contraire nécessaire de considérer que la dévalorisation des aspects les plus techniques de l'apprentissage par les experts de la lecture a conduit à nier les difficultés réelles de cet apprentissage.
En définitive, la frontière entre les enfants souffrant d'une pathologie de la lecture et les autres relève avant tout d'une construction sociale et d'un partage des territoires d'intervention entre les professionnels de l'éducation (enseignants) et de la rééducation (orthophonistes).
S'appuyant sur une enquête menée auprès de parents d'enfants dyslexiques, ce livre montre que les difficultés d'apprentissage sont toujours rapportées aux incapacités cognitives des élèves, qui se trouvent ainsi scolairement stigmatisés.
Dès lors, le recours à la catégorie de dyslexie devient, pour les parents, une ressource paradoxale, leur permettant d'échapper à la stigmatisation et au renoncement pédagogique du système scolaire.

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